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lundi 30 janvier 2017

Un mois sans supermarché: le défi vaudois!

Un mois sans supermarché? En février 2017! Lancez-vous!

Dans la ligne des petits gestes et des choix de consommation que nous faisons chaque jour, il est intéressant de réfléchir à sa manière de consommer les produits du quotidien. Rien ne vaut une mise à plat pour se rendre compte de nos réflexes. Comme celui d'aller au supermarché pour faire toutes ses courses. Nous délaissons les petits commerces, qui ferment les uns après les autres. Et nous sommes les premiers à les pleurer, car un centre ville ou un village sans petits commerces indépendants, ce n'est plus la même chose.

Alors lançons-nous un défi! Durant tout un mois, dès le 1er février, boudons les grandes surfaces. Histoire de redécouvrir les petits commerces, les artisans, les marchés de plein air et les magasins indépendants qui vendent les denrées en vrac (sans emballages). Osons le contact, posons des questions sur leur métier, leur art, leurs produits. Parions sur leur gentillesse, sur la valeur du sourire, de la chaleur de la proximité. La qualité et l'originalité des produits seront sans doute aussi au rendez-vous.

Un mois sans supermarché: les défis dans les cantons romands


Pour participer, c'est simple. Sur le réseau social Facebook, il suffit de s'inscrire sur la page "Un mois sans supermarché: le défi vaudois". L'événement a été lancé en premier pour le canton de Neuchâtel et l'idée fait des petits dans le reste de la Suisse romande:

Le défi vaudois
Le défi neuchâtelois
Le défi valaisan
Le défi genevois

Pourquoi Facebook? Pour le plaisir de l'échange d'idées, d'adresses, de recettes, de coups de main, afin d'éviter autant que l'on peut d'aller au supermarché.

Le défi est à géométrie variable. Seul compte le chemin parcouru en un mois, et la réflexion amorcée. Si on n'est pas sûr-e de pouvoir réussir à 100% parce qu'on a besoin de produits qui ne sont pas disponibles dans le petit commerce local, ce n'est pas grave. Il suffit de fixer son défi en fonction de sa famille et de sa situation. Peut-être que l'on peut seulement acheter la viande dans de vraies boucheries pendant tout un mois? Ou alors les produits laitiers? Ou les légumes et les fruits?

Pourquoi boycotter les supermarchés?


"Le supermarché, c'est pratique. On trouve tout au même endroit."
"Au supermarché, ça va plus vite."
"Au supermarché, on a plus de choix."
etc.

J'ai de gros doutes quant au gain de temps : avez-vous vraiment mesuré le temps passé pour vous rendre dans une grande surface, le plus souvent à l'extérieur de la ville? Parkings immenses, allées sans fin, cohues du samedi matin, multiples sollicitations tout au long du parcours... On ne gagne rien du tout en matière de temps.

Choix des produits? A l'heure de la mondialisation et de la standardisation, les produits sont partout pareils. Quant à la qualité... La viande de supermarché n'a rien à voir avec celle vendue par le (bon et honnête) boucher du quartier. Elle n'est pas rassie comme en boucherie, parce qu'on n'a ni le temps et l'espace pour le faire et parce que ça rapporte plus de vendre de la viande pleine d'eau...

Au supermarché, il ne faut pas trop se poser de questions éthiques. La politique de pression sur les prix imposés aux producteurs en est un des nombreux exemples. L'arrivée en Suisse des Hard discounter (lidl, aldi) y est pour quelque chose, une arrivée qui a poussé le duopole orange (migros, coop) à payer encore moins les denrées qui garnissent leurs rayons.

Tant mieux pour notre bourse? Pas tant que ça en fait. Car les marges des grands distributeurs est, en Suisse, de plus de 30%, soit bien plus que dans le reste de l'Europe. On comprend mieux l'intérêt des enseignes étrangères qui voudraient croquer un bon morceau du gâteau helvétique... Les prix payés aux producteurs sont de plus en plus bas, en particulier pour la filière du lait, mais cette baisse ne se répercute pas entièrement sur les prix payés à la caisse. La différence reste dans la poche des distributeurs, qui se permettent juste de faire des promotions épisodiques et ... anecdotiques.

Cette situation pousse de nombreuses familles à se rendre en France, en Italie et en Allemagne voisines pour faire leurs courses. Ce tourisme d'achat n'aurait pas pris une telle ampleur si la différence de prix n'était pas aussi criante.

Au final, les producteurs et les paysans suisses tirent toujours la langue.

C'est donc un acte de civisme que de bouder ces enseignes qui mangent à tous les rateliers et prennent les consommateurs pour des poires, pour leur plus grand (et unique) profit.

Les supermarchés prennent leurs clients pour des poires...


Cela ne vous gêne pas de jouer désormais à la caissière en scannant vos achats touts seuls à des caisses automatiques? Pas l'ombre d'un avantage financier sur les produits pour les consommateurs, et pourtant, la grande surface économise un sacré nombre de salaires ainsi. Cela irait plus vite, il paraît. On attendrait moins en caisse. Ouais... Que vaut un emploi peu qualifié ? Vous préférez payer plus de cotisations de chômage pour bénéficier de ce "progrès"?

On nous prend pour des poires... J'exagère? Pas tant que ça: intéressée à réduire mes déchets, j'ai commencé à ne plus prendre de sachets en plastique pour emballer mes légumes et mes fruits. Puis j'ai amené mes boîtes hermétiques pour le poisson (pour la viande, heureusement, la boucherie du village était là. Hélas, elle a fermé à la fin de l'année passée). Au début, les vendeurs et vendeuses me disaient: non, on ne peut pas, c'est une question d'hygiène! Quelques précisions plus tard, de la part de la presse, de la FRC notamment, il s'avère que c'était du flan! La législation suisse ne prévoit rien du tout sur ce thème, heureusement.

Autre exemple: la Coop, qui se vante de son engagement en faveur de son assortiment bio à tout bout de champ (un choix très intéressé car c'est un segment très rentable, soi dit en passant!), qui se targue de mettre les espèces traditionnelles au goût du jour (Pro Specie Rara) et en même temps, se permet d'importer des fraises en janvier. Seul compte le porte-monnaie. Si ce n'est pas prendre les consommateurs pour des poires...

Dans les petits commerces, jamais je n'ai eu un problème à demander de remplir mes propres contenants. Jamais! Et en prime, on échange sourires et gentillesses, ce qui fait le sel de la vie, non? Dans les petits commerces bio, comme chez les Gfeller à Sedeille, on a affaire à des gens véritablement engagés en faveur de la nature et de la durabilité, convaincus du bienfondé de leur choix.

Je n'ai pas les moyens d'aller dans les petits commerces...


Ah oui, vraiment ? Mais là, je pose la question qui fâche : combien dépense-t-on pour son téléphone portable chaque mois ? Pour ses loisirs et ses vacances ? Pour ses produits cosmétiques, son parfum ? Et pour tous ces produits de nettoyage complètement inutiles qui coûtent très cher ?

Ces exemples sont assez parlants. Le magazine Migros donne la parole à des personnes aux situations très diverses, mais une constante demeure: les achats alimentaires représentent plus ou moins toujours 600.-, que le revenu soit de moins de 2500.- ou qu'il dépasse les 15'000.-. Le budget alimentaire représente entre 3,8 % et 30%, le plus souvent moins de 10% en moyenne. Ce que confirme l'Office fédéral de la statistique avec son enquête sur le budget des ménages.

Statistique suisse sur le budget des ménages, 2014. OFS, Neuchâtel.

Pourquoi la nourriture, qui est ce qui nous fait vivre et nous maintient en bonne santé, devrait être le seul poste compressible à l'envi? Comment expliquer que ce poste est passé de 60% du budget du ménage au début du 20ème siècle à parfois moins de 10% aujourd'hui ? Où filent dont les autres pourcentages, quand on a retranché le loyer et la caisse maladie ?

Bien sûr, je sais que 250'000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté dans notre cher pays riche. Je suis consciente que chaque franc compte pour certaines familles. Mais de l'avis de ceux et celles qui ont opté pour les courses dans les petits commerces, les dépenses du ménage ne sont pas plus importantes quand on privilégie les petits commerces, bien au contraire. Dans un commerce à taille humaine, on n'achète naturellement que ce dont on a besoin, sans être tentés par de fausses promos et des produits dont on pourrait se passer. Mais bien sûr, inutile de rêver à du filet de boeuf (importé d'Amérique du sud, dont on ne sait rien sur les méthodes de production) à moins de 60 francs le kilo...

J'espère vous avoir conduit sur le chemin de la réflexion et de l'action! Notre plus grande force, c'est notre porte-monnaie! Testez vos réflexes de consommateurs en février, engagez-vous dans le défi de ne pas aller au supermarché durant un mois! Chercher des alternatives est assez rigolo et très peu onéreux...

Cela fera peut-être l'objet d'un autre article...!

Bon février à tous!

jeudi 15 décembre 2016

La terrine vegi qui bluffe les carnivores!

C'est une tradition, je cuisine la terrine qui est servie lors de l'apéro de fin d'année à mon travail. Une tradition qui fait plaisir à tout le monde... sauf à notre secrétaire, végétarienne.

Enfin, jusqu'à hier! Je me suis promise de préparer à son intention une terrine végétarienne, en plus d'une terrine plus traditionnelle à la viande (cette année: terrine aux magrets de canard, au poivre vert et aux zestes d'orange... un régal aussi!).

Les deux terrines ont été servies en même temps, sans indication particulière. En me baladant parmi les collègues, j'ai pu voir à quel point cette terrine végétarienne était appréciée! Quand j'ai dit que ce que c'était, j'aurais dû prendre en photo les yeux ronds des convives: ils n'y croyaient pas!

Que les gourmands se préparent à régaler leur entourage! Une terrine doit avoir du goût, végétarienne ou pas. C'est le cas de celle-ci, je vous le garantis! C'est une excellente variante, à essayer à Noël, pourquoi pas?

Terrine aux lentilles, champignons et noisettes
Cette recette provient du site www.poisdessaveurs.fr, à qui je rends hommage! Je l'ai un peu adaptée à mes goûts...

J'y ai ajouté un ingrédient magique et indispensable: le mélange des 10 parfums de Magellan, de l'excellente maison "Le Monde des épices" à Payerne qui livre les grandes tables (... et la mienne car on peut commander en ligne!).
J'ai déjà parlé de ce mélange dans cette recette de verrine aux carottes et sésame, crème de chèvre et croquant de noix, c'est une pure merveille! Six sortes de poivre et quatre épices bien dosées, ce mélange est juste incroyable. A essayer d'urgence!

Terrine de lentilles vertes, champignons et noisettes
(copyright: www.poisdessaveurs.fr)

  • 150g de lentilles vertes
  • 1 cc de bouillon de légumes en poudre
  • 1/2 c thé de bicarbonate de soude
  • eau (3 fois le volume des lentilles)
Mettre à cuire les lentilles rincées à feu doux durant 40 minutes, jusqu'à ce qu'elles soient tendres. Egoutter et réserver. Garder le jus de cuisson.
  • 90g de flocons d’avoine
  • 2 dl de lait de soja (environ) chaud
Faire gonfler les flocons dans le lait, réserver.
  • 120g d’oignons blancs émincés
  • 2 gousses d'ail émincées
  • 500g de champignons de Paris lavés, parés et coupés en petits dés d'un 1/2 cm
  • Huile d’olive
  • sel, poivre
  • 1 cs herbes de provence
Faire revenir les oignons et l'ail émincés dans l'huile d'olive, ajouter les champignons émincés, assaisonner de sel et de poivre, et laisser suer et évaporer l'eau de végétation des champignons (environ 10-15 mintues) sans couvrir la poêle.

Faire chauffer le four à 160 degrés, chaleur tournante.
Chemiser une terrine de papier cuisson (pour faciliter le démoulage).
Dans un grand bol, mélanger les lentilles égouttées, la "fondue" de champignons et d'oignons, les flocons d'avoine gonflés.

Puis ajouter les ingrédients suivants:
  • 1 cs de miso de riz
  • 70 g de fromage râpé de type gruyère doux
  • 80 g de noisettes hâchées
  • 1 cc sel
  • 1 cc du mélange 10 parfums de Magellan
  • 3 oeufs battus en omelette
Bien amalgamer le tout. Goûter, ajuster les épices et le sel.La masse ne doit pas être trop mouillée, pas trop sèche non plus.
Bien tasser dans une terrine, lisser, puis disposer dessus encore :
  • 20 g de noisettes grossièrement concassées
Faire cuire 50 à 60 minutes au four chaud, sans le couvercle.
Tester la cuisson à l'aide d'un couteau, qui doit ressortir sale mais sec (et pas mouillé!).

Laisser refroidir, démouler (merci le papier cuisson!), et présenter en tranches pas trop fines sur un plat ou sur assiette, avec une jolie garniture verte de saison.

Une terrine digne d'une table de Noël!
Bon appétit!


mardi 8 novembre 2016

Crackers "coup double" aux 2 algues et 2 graines germées

Après ce premier essai de crackers aux champignons réussi, j'ai hâte d'essayer de nouvelles recettes.
Comme j'ai commandé un livre sur le cru en cuisine de Crudessence (et qu'il n'est toujours pas arrivé), me voilà réduite à imaginer mes propres petites compositions. Ce n'est pas pour me déplaire...
Crackers coup double: aux 2 algues et 2 graines germées


L'envie du jour tourne autour des algues fraîches et séchées, mais aussi des graines germées de lentilles et de fenouil.

Le principe est simplissime: on fait tremper des graines de lin et de tournesol, on mixe avec des goûts, on étale sur une plaque, on agrémente de jolis ingrédients sur le dessus et on déshydrate. Cette partie est la plus longue. Vu que je n'ai pas (encore) de déshydrateur, j'utilise le four réglé sur 45 degrés. Mais comme le four n'est justement pas un déshydrateur, ça prend vraiment long long long jusqu'à ce que mes crackers croquent! Mais lancés pour la nuit, cela ne gêne personne!

Le plus dur est de trouver les graines germées. Soit on les fait soi-même (ça prend une semaine environ), soit on les achète. Je les trouve chez Gfeller Bio à Sédeille (ou sur les marchés).

Crackers "coup double" aux 2 algues et 2 graines germées
(www.valesavabien.blogspot.com, tous droits réservés)

Pour une grande plaque de four traditionnel...
  • 100 g de graines de lin (blond ou brun, c'est égal) avec
  • 2 dl d'eau
  • 50 g de graines de tournesol dans de l'eau
Laisser tremper le lin quelques heures, les graines de tournesol au moins 1 heure aussi.

Verser le tout dans un blender puissant et ajouter
  • 1 gousse d'ail
  • 1 cs de sauce soja Tamari
  • 1 cs de pâte de miso de riz
Verser cette pâte épaisse obtenue dans un grand bol et ajouter:
  • 3 cs de graines de lentilles germées
  • 3 cs de graines de fenouil germées
  • 2-3 morceaux d'algue rouge fraîche (dulse) détaillées aux ciseaux
Bien mélanger. Etaler à la spatule coudée sur une natte en silicone (le papier va faire gondoler la préparation en séchant) et décorer joliment avec
  • 1 feuille d'algues séchées Nori détaillée aux ciseaux
  • du gomasio: le mien est aux algues en plus, ça tombe bien!

L'aspect visuel est à soigner...
Laisser sécher au four réglé sur 45 degrés une bonne dizaine d'heures, ou bien au déshydrateur pour les plus chanceux! Deux heures avant la fin, il faut décoller la plaque de crackers et la poser sur la grille en la retournant pour laisser deux heures encore.

Voilà, c'est prêt quand ça croque et ça croustille!
Que c'est bon...!